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La discrimination linguistique, discrimination oubliée – Linguistic Discrimination, A Forgotten Discrimination

“On dit huit, pas huit !” C’est une des premières fois que j’ai été corrigé pour une prononciation “erronnée” quand j’étais à l’école primaire, en me le faisant répéter plusieurs fois par d’autres élèves. Ce moment a été marquant pour moi car il m’a forcé à me “corriger”. Pourtant, “huit” n’est pas prononcé de la même manière partout dans le monde, même en France. Bien sûr, j’ai été amené à socialement me “normaliser”, et donc à avoir une prononciation qui était en accord avec la région d’où je venais.

It’s not ‘huit’, it’s ‘huit’!” It is one of the first time that I have been corrected for a “mispronunciation” when I was in primary school, repeatedly by other students of the class. That moment was strong for me because it forced me to “correct” myself. But the word “huit” (“eight” in French) is not pronounced the same way everywhere in the world, even in France. Of course, I was forced socially to “normalize” and so to pronunciate according to the region where I come from.

En revanche, le fait d’être moqué pour un accent, une prononciation, n’est pas quelque chose d’anodin. A cet âge, on ne comprend pas l’envergure du problème mais il est révélateur d’une discrimination banalisée dans nos sociétés : la discrimination linguistique. On l’appelle aussi glottophobie, linguicisme ou encore langagisme. Elle est distincte de la discrimination raciale des langues (dont je parlerai sûrement dans un futur article). Tantôt victime, tantôt coupable, je reconnais que je prends conscience de ce mal seulement depuis peu de temps.

Nevertheless, the fact of being mocked for an accent, a pronunciation, is not something trivial. At that age, one does not understand the width of the problem but it is revealing a discrimination trivialized in our societies: linguistic discrimination. It is also called glottophobia or linguicism. It is distinct from racial discrimination in languages (of which I will speak in a future article). Being victim or guilty of this discrimination, I recognize that I only became conscious of it recently.

Banalisée et une des plus répandues dans le monde (même parmi des gens qui ne se considèrent pas racistes ou xénophobes), la discrimination linguistique a pourtant un impact considérable sur les minorités qui en sont victimes. La conséquence majeure est que les personnes venant de ces minorités ne sont pas considérées comme légitimes sur le devant de la scène économique, médiatique et politique. Cela m’amène à mesurer l’envergure du problème et son impact.

Trivialized and one of the most widespread around the world (even people who consider that they are not racist or xenophobic), linguistic discrimination has a considerable impact on the minorities which are victims of it. The major consequence is that they are not considered legitimate on the forefront of the economic, media and political scenes. This lead me to measure the depth of the problem and its impact.

– Une place inégale pour les langues dans nos sociétés

– An unequal position for languages in our societies

Pour commencer, quelle place occupent les langues dans notre monde ? Force est de constater que certaines langues ont un avantage considérable sur d’autres. L’anglais est la “lingua franca” (langue tierce pour communiquer) de référence, parlée par plus d’un milliard de personnes à travers le monde (dont plus de la moitié non-natifs) et l’espagnol est parlé par la vaste majorité des habitants d’Amérique latine. Il y a clairement une hiérarchie des langues. Mais cela n’est pas vrai qu’au niveau mondial, il est vrai aussi au niveau des pays.

To start, what position do languages occupy in the world? It is necessary to recognize that some languages have a large advantage over others. English is the world’s “lingua franca” (third-language for communication), spoken by more than a billion people around the world (of which more than half are non-Native speakers) and Spanish is spoken by the vast majority of Latin America’s inhabitants. There is a clearly a hierarchy of languages. But this is not true only at the world level, it is also at the level of countries.

Photo by Kyle Glenn on Unsplash

Un exemple parmi d’autres est le manque de représentation des langues étrangères dans les écoles françaises. Peut-être que la minorité tamoule est trop petite pour donner une place au tamoul dans le système éducatif français en tant qu’option mais certaines langues méritent clairement leur place. Et je pense notamment à l’arabe, qui est parlé par des millions de Français. Ce manque de représentation remet en cause la diversité des origines et des cultures du pays. Car derrière l’injonction à être français et toujours plus français se cache l’appel à réprimer ses origines et mène à la disparition progressive de doubles identités et de la diversité culturelle. Ainsi, de nombreux enfants de la 2ème, de la 3ème ou de la 4ème génération d’immigrés ne parlent plus leur langue maternelle.

An example among others is the lack of representation of foreign languages in the schools of France. Maybe the Tamil minority is too small to give a place to Tamil in the French education system as an option but some languages clearly deserve their place. And I think especially of Arabic, which is spoken by millions of French people. This lack of representation questions the diversity of origins and cultures of the country. Because behind the injunction to be French, and more than French, there is a hidden call to repress origins and lead to progressive disappearance of double identities and the wealth of cultural diversity. Thus, many children of the 2nd, 3rd, 4th generation of immigrants do not speak their mother tongue.

Si je me sentais inconfortable de parler en tamoul en public ou au téléphone par le passé, je n’ai compris que très tardivement que ce n’était pas normal et qu’il y avait une certaine intolérance envers les langues étrangères, en particulier les langues extra-européennes, mal accueillies. Réduites au rang de langues “familiales” (parlées à la maison ou dans le cercle familial), elles n’ont pas leur place dans n’importe quel espace public. C’est un problème qu’on ne retrouve pas seulement dans les pays dits d’accueil (accueillant beaucoup d’immigrés). Il est aussi présent dans d’anciens pays colonisés ou dominés par une autre puissance par le passé.

If I felt uncomfortable speaking Tamil in public or on the phone in the past, I understood only a few years ago that it was not normal and that there was some intolerance against foreign languages, especially extra-European languages. Reduced to “family” languages (spoken at home or in the family circle), they do not have their place in any public space. It is a problem that is not only found in “welcoming” countries (where there are many immigrants). It is also present in formerly colonized countries or dominated by another power in the past.

En Algérie et au Maroc, la place des langues berbères est depuis l’indépendance de ces pays au coeur de tensions politiques, les berbères, et en particulier les kabyles, revendiquant plus de reconnaissance de leurs langues et de leurs cultures1. Ces minorités se heurtent à l’omniprésence d’une idéologie héritée de l’expérience française (traits que l’on retrouve dans la discrimination linguistique qui existe en France). Les politiques d’”arabisation”, tout en essayant d’éradiquer le français dans l’éducation, ont tenté de minimiser l’importance des langues berbères. Si des efforts ont été faits dans les années 90 (création de département des langues et de la culture berbère dans des universités algériennes, ouverture de cours facultatifs dans les écoles primaires et secondaires d’Algérie, la création au Maroc de l’Institut Royal pour la Culture Amazigh), ces efforts sont marginaux et n’ont pas amené de changement important à la situation. Pourtant, ces minorités représentent 20-25 % de la population en Algérie et 35-40 % de la population au Maroc et méritent une place plus importante dans ces pays.

Since the independence of Algeria and in Morocco, the place of Berber langages has been at the heart of political tensions in these countries2. Berbers, and especially the Kabyle, reinvidicate more recognition for their langages and cultures. These minorities collide with the omnipresence of the ideology inherited from the French experience (characteristics the one can also find in the linguistic discrimination that exists in France). The « Arabization » policies, while trying to eradicate French from education, attempted to minimise the importance of Berber langages. If efforts were made during the 90s (creation of a Berber languages and cultures in Algerian universities, opening of optional lessons in primary and secundary schools in Algeria, the creation in Morocco of the Royal Institute for Amazigh Culture), these efforts are marginal and didn’t lead to an important change to the situation. But these minorities represent 20-25 % of the population in Algeria, 35-40 % of the population in Morocco and deserve a more important place in these countries.

En Inde, le parti du gouvernement (le Bharatya Janata Party) tente d’imposer l’hindi comme langue nationale. C’est un sujet qui revient régulièrement depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 20143. Si l’hindi est la langue la plus parlée en Inde, elle ne l’est que par un peu plus de 40 % de la population et majoritairement dans le nord du pays. Elle est donc naturellement source de débats et d’opposition forte par une partie de la population. En effet, l’Inde est un pays multilingue qui repose sur l’anglais comme lingua franca : entre locuteurs de l’hindi, du pendjabi, du gujarati, du marathi, du bengali, du télougou, du kannada, du tamoul, du malayalam, etc, c’est l’anglais qui permet la communication. Imposer l’hindi reviendrait à minoriser les langues régionales voire à mettre leur existence en péril. On sait que l’école occupe une place importante dans la transmission des langues et que l’imposition d’une langue étrangère revient à réduire l’usage de la langue maternelle à des cercles restreints (maison, famille).

In India, the party in power (the Bharatya Janata Party) tries to impose Hindi as the national language. This is a subject that comes back regularly since Narendra Modi’s ascension to power in 20144. If Hindi is the most spoken language in India, it is only by a little more than 40 % of the population and mostly in the North of the country. It is naturally a source of debate and a strong opposition for a part of the population. Indeed, India is a multilingual country that relies on English as a lingua franca : between Hindi, Punjabi, Gujarati, Marathi, Bengali, Telugu, Kannada, Tamil, Malayalam, etc. speakers, it is English that allows communication. Imposing Hindi comes to reducing the importance of regional langages or even put to threat their existence. One knows that school occupies an important place in the transmission of langages and that the imposition of a foreign language comes back to reducing the use of the mother tongue in restricted circles (house, family).

– Le résultat d’une discrimination linguistique très répandue

– The result of a widespread linguistic discrimination

Pour revenir à l’origine de la place inégale des langues au sein de nos sociétés, la réponse transparaît plus ou moins en s’attardant sur ces différents cas. Il est assez facile de constater qu’il s’agit d’une question de langue dominante et de langue dominée, et donc de rapports de pouvoir et de domination. Si des langues se retrouvent menacées d’extinction, c’est principalement dû à des raisons historiques : les invasions, la colonisation, l’intensification des échanges, le développement exponentiel des nouvelles technologies entre autres.

To come back to the origin of the unequal place of langages in our societies, the answer is more or less apparent by looking at these different cases. It is easy enough to note that it is a question of dominant langages and dominated langages, and so, of power and domination relationships. If langages find themselves threatened by extinction, it is mostly due to historical reasons : invasions, colonization, exchanges’ intensification, exponential development of new technologies, among other things.

Les concepts d’impérialisme linguistique et de linguicisme (ou discrimination linguistique) répondent très bien à la question. Le sociolinguiste ghanéen Gilbert Ansre qualifie l’impérialisme linguistique de phénomène qui amène les locuteurs d’une langue dominés par une autre langue à croire qu’elles doivent absolument passer par cette dernière langue pour réussir dans leur vie. C’est un concept qui a été étudié par de nombreux chercheurs et résulte dans le linguicisme. Ce dernier est défini par le professeur Robert Phillipson comme la représentation positive de la langue dominante comme outil d’inclusion et la représentation négative d’une langue dominée comme outil d’exclusion5.

The concepts of linguistic imperialism and linguicism (or linguistic discrimination) answer the question well. The sociolinguist Gilbert Ansre qualifies linguistic imperialism as a phenomenon that bring speakers of a language dominated by another language to think that they absolutely have to go through another language to succeed in life. It is a concept that was studied by many researchers and results in linguicism. This next concept is defined by professor Robert Phillipson as the positive representation of the dominant langage as an inclusion tool and the negative representation of a dominated langage as an exclusion tool6.

En France, le sujet de la discrimination linguistique a été mis en lumière sous le nom de « glottophobie ». C’est un sujet qui a été abordé par plusieurs socio-linguistes mais qui a été introduit en tant que tel par Philippe Blanchet7, qui a le mérite d’avoir mis la lumière sur le problème en France et de l’avoir exploré en profondeur. Son constat est alarmant : les discriminations linguistiques sont largement ‘inconnues’ et ‘négligées’. Leur absence dans les textes juridiques français en est la preuve. Dans sa publication phare sur la glottophobie, il s’intéresse à l’écart entre les pratiques courantes et les normes prescrites, conçues comme « des rapports de pouvoir et de domination qui instaurent des discriminations ». Il essaie de réinsérer ces discriminations au sein des discriminations de manière générale, portant sur des personnes.

In France, a light was shed on the subject of linguistic discrimination under the name of « glottophobia ». The subject has been studied by several sociolinguists but it has been introduced as such by Philippe Blanchet8, who has the merit of revealing the problem in France and to have digged deeper into it. His observation is alarming : linguistic discrimination is widely « unknown » and « neglected ». Their absence in French legal texts is a proof of it. In his flagship publication on glottophobia, he shows interest in the gap between common practice and prescribed norms, conceived as « power and domination relationships that initiate discrimination ». He tries to reinsert this discrimination in overall discrimination.

Comme coupables, il pointe les grammairiens et les linguistes qui entretiennent la glottophobie. Nous connaissons toutes et tous la rigidité du français due au fait qu’il est fortement encadré par l’Académie française, à la différence de l’anglais, beaucoup plus souple et flexible. Rien (ou très peu) a été fait pour intégrer les usages hétérogènes de la langue française mais aussi le plurilinguisme, ce qui génère de l’humiliation et l’échec scolaire. Pour cause, le centralisme du régime politique français empêche aux langues régionales et étrangères de gagner en reconnaissance et en légitimité.

He points to the grammarians and linguists as culprits who maintain glottophobia. Everyone knows the rigidity of French due to the fact that it is strictly framed by the Académie française, as opposed to English which is more flexible. Nothing (or little) was done to integrate heterogenous uses of the French language, but also plurilingualism, generating humiliation and school failure. The centralism of the French political regime prevents foreign and regional languages to gain recognition and legitimacy.

Le catalan est un exemple parmi d’autres. Si la situation est loin d’être idéale en Espagne pour les langues régionales, le catalan bénéficie d’un statut particulier dans la région grâce au régime politique espagnol des communautés autonomes. En France, le français est LA langue officielle et celle qui est enseignée dans toutes les écoles françaises. Cela rend la transmission des langues régionales beaucoup plus difficile. Résultat : le catalan est parlé par une petite minorité en France alors que de l’autre côté de la frontière, une large part de la population le parle.

Catalan is an example among others. If the situation is far from ideal in Spain for regional languages, Catalan benefits from a particular status in the region thanks to the Spanish political regime of autonomous communities. In France, French is THE official language and all lessons are taught in it every single French school. This makes regional languages transmission harder. As a result, Catalan is spoken only by a tiny minority in French while on the other side of the border, it is still spoken by a large part of the population.

– Focus : la discrimination des dialectes et accents

– Focus : discrimination against dialects and accents

Je parlais jusqu’ici de la discrimination linguistique au sens de discrimination envers les langues régionales et étrangères mais cela ne s’arrête pas là. Elle s’attaque également aux accents régionaux et c’est ce que mentionne très bien Philippe Blanchet et beaucoup d’autres socio-linguistiques. Lors de mes études supérieures à Paris, j’ai pu me rendre compte que les étudiants venant d’autres régions (notamment du Sud ou de territoires outre-mer) changeaient leur accent pour s’adapter à celui du bassin parisien. Non pas en observant mais parce que des personnes elles-mêmes m’en avaient parlé. Cela m’avait surpris au départ mais j’ai appris rapidement que les accents n’avaient pas leur place sur les bancs de l’école. Par contre, lors d’occasion informelles, plus conviviales, ces mêmes personnes faisaient revenir leur accent. Si j’ai rarement pu observer des réactions ouvertement haineuses envers les accents régionaux, il m’est arrivé d’observer des moqueries.

Until now, I was dealing with linguistic discrimination in the sense of discrimination against regional or foreign languages but it does not stop there. It also touches regional accents and it was rightly mentioned by Philippe Blanchet and many other sociolinguists. During my studies in Paris, I realized that students coming from other regions (notably Southern France or overseas territories of France) were changing their accent to adapt to the Parisian basin one. Not by listening to them but because some people spoke about it themselves to me. It surprised me at first but then I learnt quickly that these accents did not have their place in the school. However, during more informal occasions, these people would sometimes make their accent come back. If I rarely observed any overtly heinous reactions against regional accents, but I did notice some mocking.

La discrimination envers les langues est un phénomène récurrent aux Etats-Unis. Renforcée par l’arrivée de Donald Trump au pouvoir en 2016, elle se déverse en une forme décomplexée de racisme qui s’attaque souvent à l’espagnol, parlé par une grande partie de la population9. Si cette discrimination est mise en lumière de manière spectaculaire, les discriminations envers les dialectes et accents ne retiennent pas autant l’attention du public. S’il y a une discrimination linguistique qui a été particulièrement étudiée par des socio-linguistes, c’est celle envers l’anglais afro-américain. Le mouvement “Black Lives Matter” https://surlebout-delalangue.fr/2020/06/03/pourquoi-black-lives-matter-why-black-lives-matter/ révèle que les discriminations sont toujours là et qu’il faut une réaction collective pour que les choses changent enfin. Cette discrimination fait partie intégrante de la discrimination raciale subie par les Noirs dans le pays. La conférence suivante, tenue au sein de la New York University permet de mieux comprendre comment cette discrimination se concrétise :

Discrimination against languages is a recurring issue in the United States. Reinforced by the accession of Donald Trump to power in 2016, it overflew as overt racism that mostly targeted Spanish, spoken by many in the country10. If this discrimination is emphasized widely, discrimination against dialects and accents does not gain as much attention. If there is one linguistic discrimination that has been particularly studied by sociolinguists, it is the one against African-American English. The movement « Black Lives Matter » https://surlebout-delalangue.fr/2020/06/03/pourquoi-black-lives-matter-why-black-lives-matter/ reveals that the discrimination is still here and there needs to be a collective reaction for things to change. This discrimination is part of the racial discrimination that Black people are victims of in the country. The following conference held in New York University makes it more understandable :

– Une avancée dans la lutte contre les discriminations linguistiques ?

– Advances in the fight against linguistic discriminations ?

La lutte contre les discriminations linguistiques est certainement l’une des plus récentes et elle n’en est encore qu’au début. Si elle est reconnue par l’UNESCO et par l’Union Européenne, les avancées se font à tâtons, même dans les pays dits « avancés » sur les questions des droits humains. En France, par exemple, la discrimination linguistique a fait son apparition dans le Code du travail en 201611 mais son application laisse un grand flou juridique. De plus, les personnes réticentes ou opposées à son application arguent le fait que les candidats à l’embauche peuvent se servir de la loi à leur avantage et ainsi éviter d’apprendre le français (et donc de s’intégrer comme le voudrait l’idéologie assimilationniste française). Le français a une marque si profonde dans l’identité du pays qu’il empêche toute avancée majeure sur la question.

The fight against linguistic discrimination is certainly one of the most recent and it is only at its beginning. If it is recognized by UNESCO and by the European Union, the advances are small, even in « advanced » countries in terms of human rights. In France, for example, linguistic discrimination entered the Code du travail of 201612 but its application leaves a big legal limbo. Moreover, people who are reticent or opposed to its enforcement argue that job candidates can use the law at their advantage and avoid learning French (and thus to integrate themselves as the French assimilationist ideology would want). French has a profound mark on the identity of the country which prevents any major advance in the question.

Malgré ces petites avancées, dans la majorité du monde, c’est plutôt le contraire qui a lieu. Selon l’UNESCO, la moitié des langues sont en danger de disparition, ce qui représente plus de 3000 langues. Si rien n’est fait, 90 % des langues pourraient disparaître avant la fin du XXIème siècle13. Seules la promotion des langues minoritaires, la réhabilitation des langues en danger de disparition et la lutte contre la discrimination linguistique peuvent inverser la tendance et sauver (une partie de) la diversité linguistique de notre monde.

Despite these little advances, in the majority of the world, it is the contrary that is taking place. According to UNESCO, half of the langages are in danger, which represent more than 3,000 languages. If nothing is done, 90 % of the languages could disappear by the end of the 21st century14. Only the promotion of minority languages, the rehabilitation of languages in danger of extinction and the fight against linguistic discrimination can reverse the trend and save (a part of) the linguistic diversity of the world.

Kévin

Sources

References

1/2. http://www.unesco.org/culture/fr/indigenous/Dvd/pj/IMAZIGHEN/AMAZC4_6.pdf

3/4. https://www.dailyo.in/voices/hindi-imposition-india-today-south-conclave-bjp-south-north-india/story/1/21866.html

5/6. Robert Phillipson, Linguistic Imperialism http://wwwhomes.uni-bielefeld.de/sgramley/Phillipson-Ling-Imperialism-3.pdf

7/8. https://blogs.mediapart.fr/edition/petite-encyclopedie-critique/article/210116/la-glottophobie-un-type-de-discrimination-largement-ignore

9/10. https://www.theguardian.com/us-news/2018/may/22/speaking-spanish-dangerous-america-aaron-schlossberg-ice

11/12. https://www.editions-legislatives.fr/actualite/les-discriminations-linguistiques-font-leur-entree-dans-le-code-du-travail

13/14. http://www.unesco.org/languages-atlas/fr/atlasmap.html

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